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50 ans de coopération ULB-Université Joseph Ki-Zerbo: du laboratoire aux politiques publiques
Dans le cadre de l'appui institutionnel de l'ARES à l'Université Joseph Kizerbo de Ouagadougou (Burkina Faso), une délégation de l'ULB (Faculté de Pharmacie et service des relations internationales) a inauguré un PRD (projet de recherche-développement) sur les plastiques alimentaires et un PFS (projet de formation Sud) qui vise à équiper un laboratoire d'enseignement et recherche en chimie analytique au sein de l'UJKZ. et de former des techniciens supérieurs en chimie analytique.
Le projet vise à réduire l’exposition des populations aux PE issus des emballages alimentaires en combinant analyses scientifiques et étude des usages sociaux. Il repose sur deux thèses complémentaires : l’une en bio‑toxicologie, consacrée à l’identification des PE et à leurs effets sur la santé humaine et animale ; l’autre en socio‑anthropologie, centrée sur les pratiques d’utilisation des plastiques, la perception des risques et l’acceptabilité des alternatives.
En renforçant les capacités analytiques des laboratoires et en mobilisant une dynamique multi‑acteurs (ministères, universités, ONG, société civile), le projet entend éclairer les décisions publiques et promouvoir des usages alimentaires plus sûrs.
Le Pr. Cédric Delporte (Faculté de Pharmacie- ULB), coordinateur scientifique du projet côté ULB souligne "La coopération avec l’Université Joseph Ki‑Zerbo (UJKZ) est essentielle car elle permet d’ancrer le projet au plus près des réalités sanitaires, sociales et environnementales du Burkina Faso. L’UJKZ dispose d’équipes pluridisciplinaires capables de mener les analyses toxicologiques, sociologiques et environnementales nécessaires, tout en bénéficiant d’un renforcement de capacités et d’équipements adaptés via les financements de l’ARES. Cette collaboration garantit également l’implication des acteurs nationaux — chercheurs, ministères, laboratoires publics — et favorise l’appropriation durable des méthodes et résultats. Elle assure enfin que les recommandations produites soient pertinentes, applicables et directement utiles aux politiques publiques burkinabé."
Le projet DEPLAST-BF vise à court terme la mise en place d'outils analytiques pour détecter les perturbateurs endocriniens dans les plastiques et les eaux, le lancement d'enquêtes sociologiques sur les usages et perceptions des risques, ainsi que le renforcement des capacités des laboratoires de l'UJKZ via l'acquisition d'équipements et la mobilisation d'un comité multi-acteurs. À moyen terme, il ambitionne de produire les premières données scientifiques locales sur la présence et les effets de ces polluants au Burkina Faso, de faire avancer deux thèses et plusieurs mémoires de master, de développer des méthodes analytiques adaptées au contexte burkinabè et d'élaborer des recommandations pour renforcer la réglementation et proposer des alternatives plus sûres aux plastiques alimentaires.
Il existe depuis 25 ans une formation courte professionnalisante de technicien supérieur en biologie pour les besoins des laboratoires. Or les laboratoires nationaux et les industries requièrent des techniciens en chimie analytique pour les analyses de contrôle de qualité des matières premières et les produits finis. Les formations professionnalisantes n'existent que très peu au Burkina Faso et requièrent des infrastructures de laboratoire pour ses enseignements qui sont peu présentes. Le Pr. Issa Somé, responsable du LATES et coordinateur Sud du projet PFS-FISA milite depuis de nombreuses années pour développer ce type de filière et s'est tourné vers ses collègues belges pour développer la formation. Aussi le projet ARES-PFS-FISA pour la formation de technicien.ne.s supérieur.e.s en chimie analytique est porté par un consortium composé des UFR-SDS et SEA de l'UJKZ ainsi que la Haute-Ecole Condorcet (Ath), l'ULB et ULiège.
Le projet vise à équiper un laboratoire d'enseignement et recherche en chimie analytique au sein de l'UJKZ, de créer une formation qualifiante de trois ans pour former des technicien.ne.s supérieur.e.s en chimie analytique pour les besoins des laboratoires nationaux et les industries du Burkina Faso et ainsi d'assurer la relève académique au sein de l'UJKZ en Chimie organique et Chimie analytique. Les deux premiers objectifs sont atteints et un des deux doctorants sur le projet a défendu sa thèse en-cotutelle en 2025-2026. Le projet touche bientôt à sa fin et un suivi devra être assuré pour la pérennité de la formation.
En savoir plus :
- Projet Deplast - BF
- Depuis 1997, l'ARES mène un appui institutionnel avec l'Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) au Burkina Faso. Le programme 2022-2027 vise à renforcer l'utilité sociale et la créativité de l'université en développant des services répondant aux besoins du pays et en soutenant sa vision « UJKZ 2032 » pour devenir une référence continentale. Cinq axes structurent cette collaboration : optimiser la qualité et la visibilité de la recherche à l'échelle régionale (Niger, Bénin), améliorer les doctorats et renforcer les capacités des jeunes directeurs de thèse, créer un dispositif de formation pédagogique adapté à l'enseignement supérieur, développer les compétences managériales et accélérer la digitalisation institutionnelle. Coordonné côté belge par l'IHECS et l'ULB, ce partenariat ambitionne de consolider la formation des enseignants, doctorants et chercheurs dans un environnement académique toujours plus compétitif. Appui institutionnel ARES - Université Joseph Kizerbo