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À Lubumbashi, l'Université des enfants diplôme sa première cohorte
Le 1er octobre 2026, les enfants de la première cohorte de l'Université des enfants (UDE) de Lubumbashi ont reçu leur premier diplôme universitaire. Dans la foulée, l'équipe de l'UDE ULB et ses partenaires congolais ont posé les bases d'une deuxième édition, tournée vers les enfants les plus vulnérables. Première session : le 25 novembre 2026.
En juin dernier, étaient présentés les les débuts de l'UDE de Lubumbashi, portée par l'Université de Lubumbashi (UNILU) avec l'appui de l'ULB et de l'UMONS. Du 27 septembre au 3 octobre 2026, Chloé François, responsable de l'Université des enfants à l'ULB, et Assia Rahou, conseillère pédagogique, se sont rendues sur place. Au programme : clôturer la première édition, nouer de nouvelles collaborations et préparer les ateliers de l'année 2026-2027.
Une collation des grades festive
Tous les enfants ayant suivi les ateliers de janvier à juin 2026 ont été mis à l'honneur lors d'une cérémonie à la fois solennelle et joyeuse. Le Secrétaire général à la Recherche, représentant le Recteur de l'UNILU, y assistait aux côtés du Pr Jacques Kalumba Ngoy, coordinateur de l’UDE de Lubumbashi et du Pr Noella Kalenga, conseillère pédagogique et maîtresse de cérémonie. Les directions des trois écoles participantes étaient également présentes : l'École Privée Belge de Lubumbashi (EPBL), l'école Maongezo et l'école Les Petits Lutins.
Hymnes, discours, remise officielle des diplômes : rien ne manquait. Comme il se doit, la cérémonie s'est conclue par un joyeux lancer de mortiers.
La cérémonie a aussi servi de tremplin pour la suite avec la présence de futurs participants.
Une deuxième cohorte tournée vers les enfants les plus vulnérables et une perspective d’atelier au musée
La cohorte 2026-2027 réunira exclusivement des enfants d'écoles congolaises et de structures accueillant des enfants des rues. Un pas de plus vers l'objectif de mixité sociale et d'inclusion annoncé en juin. Deux structures, présentes à la cérémonie, ont accueilli la proposition avec enthousiasme : le Centre Bakanja et l'association Bumi. Chacune sélectionnera cinq enfants de 9 à 12 ans et assurera leur transport jusqu'aux ateliers. Côté écoles, l'école primaire Maongezo et l'école Les Petits Lutins poursuivent l'aventure. Le Collège des Aumôniers du Travail pourrait les rejoindre.
L'équipe a également rencontré la Direction du Musée national de Lubumbashi. Depuis 18 ans, ce musée accueille des écoles de quartiers défavorisés autour de thèmes comme l'écologie, la nature et la culture du Congo ou l'évolution des espèces. Une collaboration avec l'UDE de Lubumbashi est envisagée, sous réserve de financement.
Des ateliers nés des questions des enfants
Cette année, ce sont les élèves 6e primaire de l’école Mongezo qui ont choisi les trois questions de recherche qui guideront les prochains ateliers : Comment fabrique-t-on du savon ? (sciences exactes et techniques) ; Pourquoi des personnes se disputent-elles et comment faire la paix ? (sciences humaines) ; Pourquoi mon cœur bat-il plus vite quand je cours ? (sciences du vivant).
Le 2 octobre, l'équipe UDE de l'UNILU et des enseignant·es de l'EPBL ont entamé la conception des trois ateliers. Chaque session (3 ateliers) accueillera 75 enfants, répartis en trois groupes ; la première aura lieu le 25 novembre 2026.
Adapter la pédagogie, ouvrir les horizons
À l'école Maongezo, dans le quartier de la Katuba, les classes comptent environ 45 élèves et l'enseignement repose largement sur la répétition. Habitués à un enseignement très cadré, les enfants peuvent être déstabilisés lorsqu'on les invite à expérimenter ou à s'exprimer librement. Ce contexte demande d'adapter la démarche en posant un cadre clair au début de chaque atelier leur permettant plus facilement de s'approprier cette nouvelle manière « active » d’apprendre.
Les élèves sont curieux, mais n'envisagent souvent que deux métiers : la « coupe-couture » pour les filles, la mécanique pour les garçons. C'est précisément là qu’un projet comme l'UDE prend sens et peut faire la différence, en leur faisant découvrir d'autres possibles.
Les stUDErs tissent des liens entre Lubumbashi et la Belgique
La mission a aussi permis de lancer concrètement un micro-projet ARES porté par les stUDErs, ces étudiant·es qui accompagnent les enfants pendant les ateliers. Objectif : créer des liens entre les UDE de Lubumbashi et de Belgique (ULB et UMONS) et mutualiser leurs pratiques.
Le 1er octobre, les stUDErs de Lubumbashi ont rédigé une première version de leur charte commune. Elle décrit qui est le stUDEr, ses valeurs, ses rôles et ses engagements. Leurs homologues belges la compléteront pour aboutir à un texte commun.
Les défis de la deuxième édition
L'enjeu des prochains mois est que l'équipe de l'UNILU prenne pleinement le relais de l'animation. Les enseignant·es de l'EPBL animeront la première session ; il faudra ensuite mobiliser des professeur·es de l'UNILU, notamment en sciences exactes et en sciences du vivant. Plusieurs pistes sont sur la table : impliquer des doctorant·es en valorisant leur expérience de vulgarisation, confier davantage de co-animation aux stUDErs, ou encore accueillir des stagiaires de master en sciences de l'éducation.
La pérennité du projet dépendra aussi de l'obtention de financements, notamment via l'appel à projets de Wallonie-Bruxelles International (WBI) auquel l'UDE de Lubumbashi a déposé sa candidature.
De Goma à Haïti, un réseau qui grandit
Lubumbashi n'est pas le seul terrain d'essaimage de l'Université des enfants. À Goma, où l'UDE ULB est engagée depuis 2022, l'UDE a organisé son quatrième atelier le 28 août 2026, sur une question très actuelle : Qu'est-ce que l'intelligence artificielle et comment l'utiliser sans danger ? Au total environ 150 enfants ont été touchés par l’UDE de Goma en combinant les 4 ateliers déjà organisés.
La collaboration se poursuit également avec l'Université d'État d'Haïti, dont une délégation avait été accueillie à Bruxelles en mai 2026. Elle porte désormais sur le conseil à la création d'outils de vulgarisation scientifique destinés aux enfants haïtiens et sur l'évaluation de leurs impacts. Cette démarche de mesure d'impact sera couplée à une démarche similaire menée à l’UDE ULB.
De Lubumbashi à Port-au-Prince en passant par Goma et Bruxelles, une même conviction relie ces projets : les sciences et l'université doivent être accessibles à tous les enfants, quel que soit leur milieu.