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Comment les modèles de fondation vont révolutionner les essaims de robots

Publié le 30 avril 2026 Mis à jour le 30 avril 2026

Un nouvel article de perspective dans Science Robotics décrit comment les modèles de fondation pourraient transformer le fonctionnement des essaims de robots.

Les essaims de robots sont des systèmes composés de nombreux robots simples qui se coordonnent sans contrôle centralisé. Bientôt, ils pourraient être radicalement transformés par l’intelligence artificielle. Un nouvel article de perspective rédigé par des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (Belgique) et du CISPA Helmholtz Center for Information Security (Allemagne) suggère que les modèles de fondation — de grands systèmes d’IA entraînés sur d’énormes quantités de données, bien connus du grand public à travers des applications telles que ChatGPT — pourraient modifier en profondeur la manière dont les essaims de robots sont conçus, déployés et exploités.

Traditionnellement, les logiciels de contrôle des robots sont programmés manuellement par des experts. Ce processus est long et souvent peu flexible : les programmeurs doivent anticiper de nombreuses situations possibles à l’avance, alors que les déploiements dans le monde réel peuvent donner lieu à des événements imprévus, allant de défaillances de capteurs dans des entrepôts à des conditions imprévisibles lors d’interventions après un tremblement de terre.

L’article soutient que l’intégration de modèles de fondation dans les logiciels de contrôle pourrait permettre aux essaims de robots d’atteindre des niveaux d’autonomie, de flexibilité et d’adaptabilité jusqu’ici inaccessibles. À cette fin, chaque robot serait équipé de modèles de fondation embarqués capables de traiter des entrées issues des capteurs, telles que des images de caméra ou des mesures de température, et de générer des actions collectives correspondantes. Cela permettrait aux essaims d’adapter leur comportement en temps réel, de s’écarter de leurs tâches initiales si nécessaire, et d’interagir plus naturellement avec les humains par la parole ou les gestes. Par exemple, un essaim de robots surveillant une forêt pourrait soudain localiser une personne blessée. Grâce à un contrôle basé sur des modèles fondamentaux, l’essaim pourrait alors basculer de manière autonome vers la tâche plus urgente de porter assistance — non pas parce que cela a été explicitement programmé, mais parce que la situation l’exige.

Avant que cette vision ne devienne réalité, la recherche en robotique en essaim doit encore surmonter des limitations matérielles et mieux comprendre comment les modèles de fondation peuvent traduire le comportement des robots individuels en actions coordonnées à l’échelle de l’essaim. La sécurité constitue également un enjeu majeur. Par exemple, les hallucinations — lorsque le modèle génère des informations plausibles mais incorrectes — pourraient poser de sérieux problèmes de fiabilité. Les chercheurs plaident donc pour une approche de recherche équilibrée, qui prenne en compte à la fois les possibilités et les risques associés, en les intégrant dans un cadre global d’éthique dès la conception (« ethics-by-design »).

« Les modèles fondamentaux pourraient jeter les bases d’essaims de robots capables d’exécuter de manière autonome des actions responsables, en tenant compte de la manière dont les humains réagiraient dans une situation similaire. Dans le même temps, la nature probabiliste de ces modèles soulève des questions fondamentales concernant le compromis entre autonomie et contrôlabilité dans les systèmes autonomes »,


déclare le Dr Volker Strobel, auteur principal de l’article et chercheur à IRIDIA (le laboratoire d’intelligence artificielle de l’Université libre de Bruxelles).

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