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Lancement d'un site web européen sur les risques liés à l'exposition quotidienne aux substances chimiques
Un site web multilingue vient d'être lancé afin d'aider les citoyens à mieux comprendre et à réduire leur exposition quotidienne aux perturbateurs endocriniens (PE) présents dans l'environnement. Les experts alertent sur le fait que ces substances chimiques peuvent perturber le système hormonal et avoir des effets sur notre santé. Ce site a été créé par l'École nationale de santé publique de l'Université NOVA de Lisbonne (Portugal), en collaboration avec les partenaires européens du projet NEMESIS dont l'ULB, un projet de recherche financé par la Commission européenne.
Une enquête en ligne menée dans le cadre du projet européen NEMESIS auprès de plus d'un millier de citoyens issus de plusieurs pays européens, met en évidence cette préoccupation. Selon les résultats, 93 % des participants estiment qu'il est important d'éviter l'exposition aux perturbateurs endocriniens, et 66 % considèrent que les problèmes de santé associés à ces substances peuvent être très, voire extrêmement graves. Pourtant, seuls 18 % déclarent se sentir capables de limiter efficacement leur exposition, tandis que 87 % souhaiteraient recevoir davantage d'informations sur le sujet.
Les hormones jouent un rôle essentiel dans la régulation du fonctionnement de notre organisme : elles interviennent notamment dans la croissance, le métabolisme, la fertilité, le sommeil, l'humeur ainsi que dans la manière dont notre corps stocke et utilise l'énergie. Les perturbateurs endocriniens peuvent interférer avec ces mécanismes et ainsi affecter la santé tout au long de la vie.
« La plupart des personnes sont préoccupées par cette question, mais elles ne savent pas exactement quelles mesures adopter pour réduire leur exposition au quotidien », explique Miriam Cnop, Faculté de Médecine de l'ULB. « Il existe un réel besoin d'informations accessibles, applicables dans la vie de tous les jours et fondées sur des données scientifiques », ajoute Miriam Cnop.
C'est précisément pour répondre à ce besoin que le consortium NEMESIS lance aujourd'hui le nouveau site NEMESIS for You. Développé par l'ENSP NOVA avec le soutien de partenaires internationaux à travers l'Europe, le site est disponible en anglais, portugais, espagnol, français, néerlandais, finnois, grec, suédois et allemand.
Destiné au grand public, aux professionnels de santé et aux associations de patients, ce site propose des informations claires et accessibles sur les perturbateurs endocriniens, ainsi que des conseils pratiques pour réduire son exposition dans la vie quotidienne.
Les chercheurs rappellent également que certaines populations sont particulièrement vulnérables aux effets de ces substances chimiques, notamment les femmes enceintes et les jeunes enfants. Certains perturbateurs endocriniens sont capables de traverser le placenta, ce qui signifie qu'une exposition pendant la grossesse peut affecter non seulement la santé de la mère, mais aussi celle de l'enfant à naître. Durant les premières années de la vie, les organes et le système hormonal sont encore en développement, ce qui rend les enfants particulièrement sensibles aux expositions environnementales.
« Les premières années de la vie constituent une période particulièrement sensible du développement humain. Une exposition pendant ces périodes critiques peut avoir des conséquences importantes sur la santé future », souligne Miriam Cnop.
S'il est impossible, même avec une réglementation stricte, d'éliminer totalement l'exposition aux substances chimiques présentes dans notre environnement, les experts insistent sur le fait que de petits gestes du quotidien peuvent contribuer à réduire le contact avec certains perturbateurs endocriniens. Ils recommandent notamment de privilégier les aliments frais et peu emballés, d'aérer régulièrement son logement et de passer fréquemment l'aspirateur, de lire attentivement les étiquettes des produits et de privilégier des alternatives simples, contenant moins d'ingrédients et sans parfum, ainsi que de recycler correctement les déchets et d'éliminer les produits chimiques dans les filières appropriées (par exemple, les restes de peinture ou de vernis ne doivent pas être jetés avec les ordures ménagères, mais déposés dans des points de collecte spécifiques).
NEMESIS est un projet financé par la Commission européenne, lancé en janvier 2024. Il rassemble 13 partenaires issus de 8 pays européens, réunissant des compétences en toxicologie, médecine, biologie, sciences de l'environnement et santé publique afin de mieux comprendre comment les perturbateurs endocriniens peuvent influencer le métabolisme et la santé humaine.
À l'occasion de cette Journée mondiale de l'environnement, le projet rappelle un message essentiel : protéger l'environnement, c'est aussi protéger la santé humaine.
Suivez le projet sur les réseaux sociaux (@nemesisforyou.eu) pour découvrir les dernières actualités, de nouvelles ressources et des informations pratiques sur la santé environnementale et les perturbateurs endocriniens.
www.nemesisforyou.eu