Publié le 3 mars 2025 Mis à jour le 4 mars 2025

Sport de contact sur patins à roulettes, le roller derby s'est imposé comme un espace d’émancipation féministe et d’inclusivité, valorisant la force physique et la remise en question des normes de genre. Docteure en sociologie et ancienne joueuse, Aurélie Aromatario (Faculté de Philosophie et Sciences sociales) a étudié ce sport sous l’angle de l’identité de genre et du travail du corps.

 « Né en 2000, ce sport féminin est vite repris et autogéré par les joueuses, ancrant dès le départ la pratique dans une démarche féministe. Il inclut aujourd’hui une très large inclusivité des identités de genre », explique Aurélie Aromatario. A côté, ce sport se veut aussi visuel et amusant, s’inscrivant dans le mouvement punk féministe Riot grrrl. 

Ses travaux montrent que le roller derby aide certaines femmes à renouer avec le sport et à prendre confiance en elles. En tant que sport de contact, il défie aussi les normes de douceur et de retenue imposées aux femmes. « Certaines vont de cette façon apprendre à s’autoriser à donner des coups, à en recevoir, et à se relever par elles-mêmes, mais aussi en équipe ».  

Sa pratique permet ainsi d’acquérir de nouvelles formes de savoir : « Adhérer à des principes féministes est une chose, mais les vivre à travers le corps renforce leur compréhension. Cela crée un alignement entre un “soi” intellectuellement militant, et un engagement par le corps ». La chercheuse constate d’ailleurs un regain d’intérêt des mouvements féministes sur le sujet. « Le corps n’est plus seulement un objet d’analyse, il devient un véritable outil militant et d’émancipation ». 
 

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