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une nouvelle plateforme pour le développement de traitements ciblés du diabète de type 1

Publié le 21 août 2026 Mis à jour le 21 août 2026

Des chercheurs de l'ULB et de Johns Hopkins ont conçu des nanoparticules capables de délivrer un traitement directement dans les cellules bêta du pancréas, productrices d'insuline. Testée en laboratoire, cette approche ouvre une piste prometteuse vers de futurs traitements ciblés du diabète de type 1.

Au-delà de leur utilisation comme vaccins contre la COVID-19, les nanoparticules lipidiques (LNP) sont devenues des outils prometteurs pour transporter des molécules thérapeutiques, notamment de l’ARN, directement dans les cellules. Cependant, cibler de manière efficace et précise des cellules spécifiques reste un défi majeur, en particulier lorsqu’il s’agit des cellules bêta (β) du pancréas, qui jouent un rôle essentiel dans la production d’insuline.

Dans une nouvelle étude publiée dans ACS Nano, une équipe de recherche codirigée par le professeur Décio Eizirik (ULB Center for Diabetes Research (UCDR) - Faculté de Médecine) et Hai Quan Mao (Johns Hopkins University),ont développé une nouvelle stratégie permettant de diriger les LNP spécifiquement vers les cellules β du pancréas. Le approche combine une sélection à grande échelle de différentes compositions de LNP avec l’ajout, à leur surface, de molécules capables de reconnaître spécifiquement les cellules β. Cette optimisation a permis d’obtenir, en laboratoire, une efficacité de transfert de matériel génétique vers les cellules β plus de 148 fois supérieure à celle obtenue avec la formulation de LNP utilisée par Moderna. Chez l’animal, la capacité des LNP optimisées à cibler spécifiquement le pancréas était plus de huit fois supérieure.

Afin de rapprocher cette technologie d’une éventuelle application chez l’être humain, nous avons utilisé un autre type d’anticorps, appelé nanobody 4hD29. Celui-ci reconnaît DPP6, une protéine particulièrement présente à la surface des cellules β humaines découvertes par Eizirik et brevetées par l’ULB.

Les LNP optimisées et associées au nanobody 4hD29 ont ensuite été utilisées pour introduire dans des cellules β humaines un petit fragment d’ARN, appelé siARN-STAT2, capable de réduire la production de la protéine STAT2.

Dans des cellules β humaines exposées à l’interféron alpha (IFN-α), une molécule impliquée dans les réactions inflammatoires, ces LNP ciblées ont réduit la production de STAT2 à un niveau inférieur à celui observé normalement dans des cellules non soumises à cette inflammation. Elles ont également entraîné une augmentation de plus de quatre fois de la production de PD-L1, une protéine susceptible de contribuer à la protection des cellules contre certaines attaques du système immunitaire.

Ces résultats montrent qu’il est possible de concevoir des LNP capables de cibler beaucoup plus précisément les cellules β du pancréas et d’y délivrer des molécules d’ARN ayant des effets biologiques spécifiques.

Cette technologie pourrait constituer une nouvelle plateforme pour le développement de traitements ciblés du diabète de type 1, notamment de traitements destinés à modifier l’expression de certains gènes directement dans les cellules β. À plus long terme, une telle approche pourrait permettre d’agir plus précisément sur les mécanismes inflammatoires et immunitaires qui contribuent à la destruction des cellules β dans le diabète de type 1.