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Une rare récompense pour la recherche sur les matériaux hors équilibre

Publié le 16 octobre 2026 – Mis à jour le 16 octobre 2026

Ils sont seulement 15 Belges à avoir obtenu le titre de « Fellow » depuis la création de l’American Physical Society. Aujourd’hui, Simone Napolitano devient le seizième d’entre eux et le premier pour des études en physique des polymères. Une belle lumière sur son parcours et la recherche à l’ULB.

« Les molécules d’un matériau bougent sur une échelle minuscule », observe Simone Napolitano, professeur à la Faculté des Sciences de l’ULB. « Et pourtant, ces mouvements imperceptibles déterminent le comportement d’un matériau à notre échelle. » C’est l’enjeu de la physique des matériaux hors équilibre qu’étudie depuis plusieurs années Simone Napolitano. Après des études à Pise, en Italie, où son mémoire portait déjà sur les polymères, le chercheur a en effet poursuivi ses recherches à la KUL par une thèse et un post-doctorat avant d’arriver à l’ULB en 2011. Un parcours et des recherches pour lesquels il est aujourd’hui récompensé par le titre de « Fellow » de l’American Physical Society (APS).

Une récompense que peu de chercheurs et chercheuses reçoivent à l’international : chaque année, cette association très réputée aux Etats-Unis distingue en effet des membres pour l’excellence de leurs travaux en physique.

« Quand on modifie un matériau – qu’on le déforme, qu’on en change la température… – les molécules qui le compose cherchent à retrouver un nouvel équilibre », contextualise Simone Napolitano. « C’est ce qu’on appelle la ‘relaxation’ en physique. Pour se ‘relaxer’, les molécules doivent bouger : elles se réorganisent. Plus elles sont mobiles, plus la relaxation est rapide. » En 2022, son équipe de recherche a ainsi découvert un nouveau mécanisme de relaxation, le Slow Arrhenius Process (SAP) : « ce mécanisme est très lent, mais quand la température baisse, il ralentit beaucoup moins que les autres et finit même par les dépasser ».

Des observations qui, menées d’abord de manière fondamentale, ont désormais un angle pratique : « Dans la vie de tous les jours, les choses que l’on croit inertes sont en réalité composées de molécules qui bougent, mais très lentement », explique-t-il. En effet : au cours du temps, tous les matériaux vieillissent. Ainsi, leurs propriétés sont impactées. Le chercheur prend l’exemple de médicaments dont les principes actifs peuvent devenir inertes, voire toxiques au fil du temps. « Nous essayons de comprendre pendant combien de temps de telles molécules peuvent rester dans leur enveloppe de stockage avant de changer de propriétés. » Aujourd’hui, Simone Napolitano a des collaborateurs de par le monde qui se penchent sur le SAP, devenu un domaine de recherche en pleine expansion.