Publié le 30 novembre 2021 Mis à jour le 3 décembre 2021

Nicolas Dauby est spécialiste post-doctorant FNRS à l’Institut d’immunologie médicale, Faculté de Médecine et chef de clinique adjoint en maladies infectieuses au CHU Saint-Pierre. Il a reçu le Prix de la diffusion scientifique ULB - catégorie Réseaux sociaux – pour son compte Twitter @nicomedbxl.

« The greatest enemy of knowledge is not ignorance, it is the illusion of knowledge”. Epinglée sur son compte Twitter, la citation donne le ton.

« A travers mon compte Twitter, je m’efforce de partager des publications scientifiques pertinentes, de relayer des messages clairs, de me montrer didactique comme je veux l’être avec mes patients » confie Nicolas Dauby, spécialiste post-doctorant FNRS en Faculté de Médecine, « lorsque je traite des malades du sida, de la tuberculose ou de la COVID-19, mon objectif, c’est de les soigner bien sûr mais aussi d’éviter qu’ils contaminent d’autres personnes, la perspective sociétale est toujours présente ».

La pandémie, Nicolas l’a attaquée de front, d’abord à l’hôpital où dès février 2020, il a été chargé des traitements ; le CHU Saint-Pierre reconnu centre de référence avec l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, il a élaboré les premières recommandations thérapeutiques pour le pays ; puis, il a collaboré aux essais cliniques et aux premières études de Sciensano pour dresser le profil épidémiologique des patients COVID-19. « Fin 2020, nous commencions à mieux comprendre la maladie, les vaccins allaient arriver, je savais que le défi des mois à venir serait l’acceptation du vaccin » se souvient-il.

C’est un mensonge né de nulle part

Nicolas Dauby a donc décidé de former les médecins - généralistes ou spécialistes d’autres disciplines - parfois désarmés face aux questions de leurs patients ; d’informer les travailleurs de la santé ; de s’attaquer aux trop nombreuses « fake news » (fausses informations) sur la vaccination. « Comme cette rumeur selon laquelle le vaccin causerait l’infertilité » mentionne-t-il, « C’est faux ; c’est un mensonge né de nulle part et un an après, il continue à circuler sur les réseaux sociaux et à influencer des internautes ».

Et pour s’attaquer aux fake news, il est allé là où elles se propagent souvent, sur les réseaux sociaux. « J’ai créé mon compte Twitter en 2010 surtout pour de la veille scientifique, je ne publiais quasiment rien ; mais depuis plus d’un an, je publie, je partage des articles scientifiques, j’en découvre d’autres, je suis devenu presque addict au point que j’ai installé une application qui m’avertit lorsque je dépasse ma dose quotidienne » sourit-il. Il a aussi bloqué les accès aux auteurs de menaces, d’injures… Nicolas partage aussi sur twitter ses recherches, il touche un public diversifié : collègues, journalistes ou encore grand public. C’est aussi là qu’il relaie parfois des témoignages - ceux de professionnels de la santé en première ligne dans les hôpitaux ou ceux de patients (anonymisés) - qui donnent à réfléchir sur la stratégie de prévention.

Ils sèment le doute

« Le principal danger face à la vaccination, ce ne sont pas les anonymes ou les trolls qui refusent le vaccin mais plutôt les quelques scientifiques, étrangers à ce domaine, éloignés du terrain, mais qui oubliant la démarche scientifique critique, s’imaginent savoir et se font entendre, ils contestent l’intérêt du masque, ils relativisent l’impact du vaccin » déplore-t-il, « ils sèment le doute, ils distillent la défiance alors qu’ils ne connaissent pas » L’illusion de la connaissance à laquelle Nicolas Dauby a choisi de s’attaquer (notamment) sur Twitter…


 
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