Publié le 30 novembre 2021 Mis à jour le 3 décembre 2021

Doctorant à l’Ecole polytechnique de Bruxelles, Léo Cotteleer travaille sur un modèle numérique d’analyse de la dispersion des polluants dans l’atmosphère, au sein de l’unité de recherche Aéro-Thermo-Mécanique, ATM. Il a reçu le Prix de la diffusion scientifique ULB - catégorie doctorant, doctorat - pour son compte Instagram @easyspacy.

Pourquoi le ciel est-il bleu? Peut-on dévier un astéroïde? Comment un avion vole-t-il? Ces questions sont, avec d’autres thèmes - allant de l’effet de marée au droit de l’espace en passant par les volcans - parmi la quarantaine de posts publiés sur la page instagram d’EasySpacy, un compte de vulgarisation scientifique créé par Léo Cotteleer et Sarah Joiret. "Sarah et moi, ça doit faire dix ans que l’on se connait: on est amis depuis le secondaire" raconte Léo. "Ce projet, on l’a imaginé ensemble, pour continuer à s’amuser avec la science tout en la diffusant auprès du grand public".

Après des études d’ingénieur civil à orientation aérospatial,  Léo Cotteleer est actuellement doctorant à l’Ecole Polytechnique de Bruxelles. Il travaille sur l’aérothermodynamique et plus spécifiquement sur un modèle numérique d’analyse de la dispersion des polluants dans l’atmosphère. Sa complice, Sarah Joiret poursuit son doctorat à l’Université de Bordeaux. 

Nous pensons que les scientifiques doivent se réapproprier la narration de la science: c’est à eux de la raconter pour assurer une qualité de l’information au public

"EasySpacy a été imaginé il y a sept mois, pendant la pandémie de coronavirus" explique Léo. « A la base, c’est la rencontre de deux passionnés de sciences qui ont adoré leurs études et qui voulaient faire partager cette passion au plus grand nombre. Nous avons toujours voulu faire de la vulgarisation, Sarah et moi. Nous pensons que les scientifiques doivent se réapproprier la narration de la science: c’est à eux de la raconter pour assurer une qualité de l’information au public". C’est pourquoi le premier post instagram qu’ils ont réalisé "c’était plus pour notre plaisir et amusement personnels! On se disait que si dix personnes likaient ou même si une seule en avait appris quelque chose, on était contents… Mais les retours étaient supers, alors, bien motivés, on a continué".

Au départ donc, les deux chercheurs publient un sujet par semaine en essayant d’aborder des thèmes assez variés dans les domaines de l’aérospatial et de l’astrophysique. Puis, vu l’intérêt suscité, ils décident de faire évoluer ces thématiques vers des sujets touchant au changement climatique et à des éléments plus quotidiens. "Notre but, c’est d’être compréhensibles pour un large public" résume Léo. Pour ce faire, ils élaborent, pour chaque thématique, sept à huit slides, en rassemblant des schémas simples, colorés et concis. "Une bonne présentation visuelle vaut beaucoup d’explications! Nous essayons de nous affranchir du jargon scientifique pour parvenir à rendre les concepts les plus clairs possibles" ajoute-t-il. Ils n’hésitent donc pas à se relire l’un l’autre, mais aussi à solliciter leur entourage non spécialiste pour épurer au maximum les posts. "C’est grâce à leurs commentaires que l’on arrive à des présentations plus simples et efficaces" précise-t-il. "Avoir la patience et l’humilité de confronter ces premiers slides auprès de nos proches nous permet d’améliorer ce que nous publions".

Notre projet montre que les scientifiques vivent aussi avec leur époque

Le projet fonctionne d’autant plus qu’il est disponible sur un canal particulier: "Instagram est un réseau social, il n’a pas forcément vocation à véhiculer ce type d’informations" pointe Léo Cotteleer. "Je crois que c’est ce qui fait l’originalité de ce projet… Lequel montre que les scientifiques vivent aussi avec leur époque". Car EasySpacy vise également à toucher un public jeune: "Nous sommes nous-mêmes issus de cette génération-là, qui se tourne plus facilement vers Instagram, peut-être que nous sommes mêmes presque has-been vu l’émérgence de TikTok, une autre plateforme très prisée par les plus jeunes…" sourit-t-il, "Mais d’autres s’en empareront car les modalités d’interactions sont géniales et permettent d’accrocher avec le public plutôt que d’en être déconnectés : on peut faire des quizz, répondre en messages privés, créer un réseau de proximité en quelque sorte. Cette proximité avec le grand public est ce qui permet d’avoir un impact concret et durable: cela parle aux gens, tout simplement!".


 
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