Publié le 30 novembre 2021 Mis à jour le 3 décembre 2021

Simon Dellicour est épidémiologiste moléculaire, chercheur qualifié FNRS à l’ULB et professeur Invité à la KULeuven. Il a reçu le Prix de la diffusion scientifique ULB - catégorie Expert, experte presse – pour ses interventions dans le cadre de la pandémie.

En janvier 2020, Simon Dellicour, chercheur qualifié FNRS au Spatial Epidemiology Lab en Faculté des Sciences est invité sur la chaîne d’information LN24. C’est l’époque où l’on parle d’une nouvelle épidémie qui a lieu en Chine. "Je me souviens avoir préparé l’intervention pendant plusieurs heures. J’étais même repassé par chez moi changer de tenue. Aujourd’hui, j’y repense avec une certaine forme de tendresse"... Quelques semaines après, tout s’emballe. Le COVID est arrivé en Belgique et c’est ensuite le confinement.

En tant qu’épidémiologiste moléculaire, Simon se retrouve au cœur des médias: télévision, presse écrite, radio. Sa vie quotidienne devient alors ponctuée par des interventions pour communiquer avec le grand public sur la situation épidémiologique et l’état de la connaissance sur le virus.

Il va très vite, avec ses collègues, analyser les données en temps réel afin de comprendre la dynamique de l’épidémie, et réaliser des études avec ses pairs en science. Puis en décembre 2020, il contribue à la mise en place de la plateforme de surveillance génomique avec ses collègues de la KU Leuven.

Rester le plus factuel et le plus transparent possible


Durant toutes ces différentes phases de l’épidémie, sa ligne de conduite en matière de communication a été d’essayer de rester le plus factuel et le plus transparent possible sur l’état de la connaissance. Mais aussi de reconnaître quand de nouveaux éléments remettent en question un consensus existant. "Avec le recul, je n’ai jamais regretté d’avoir été prudent, admettre je ne sais pas ou c’est en dehors de mon champ d’expertise" confie-t-il.

Pour Simon, ce travail de communication est collectif. Il implique d’être quasiment en permanence en contact avec des collègues, de discuter de nouvelles données et analyses, de faire partie de réseaux de discussion, notamment avec des personnes aux expertises et grilles de lecture variées.

Une forme de concentration permanente


Cet investissement dans la communication est aussi un défi personnel : "il a fallu tenir sur la longueur" souffle-t-il. Avant une intervention médiatique, Simon dit être très concentré pendant les heures qui précèdent. Il explique : "j’ai la chance de ne pas être nerveux quand je m’adresse à une audience mais je me suis rendu compte qu’intervenir régulièrement dans les médias me maintenait dans une forme de concentration permanente. J’essaie maintenant d’y aller par périodes, pour ne pas rester constamment dans une sorte de veille médiatique". 

Au final, Simon Dellicour ne regrette pas de s’être jeté à l’eau, mais espère que, même si on est parti pour désormais côtoyer ce virus, tout ceci ne sera à un moment plus qu’un épisode particulier dans nos vies et que des JTs se dérouleront sans prononcer les mots épidémie ou pandémie.


 
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